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Enfance
AESH : être aux côtés
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La cloche sonne, Isabelle, 58 ans, aide Lyam, 6 ans, à se mettre en rang pour rejoindre la classe. Lyam commence seul les mathématiques sous son regard. « Je dois le stimuler, l’aider, tout en essayant de le laisser autonome. » Puis côte-à-côte ils suivent les consignes de la maîtresse. Parfois avec des supports différents, il suit les mêmes enseignements que les autres grâce à son AESH. Exercices, posture, comportement, habitudes, jusqu’aux séances de sport, elle accompagne tous les moments de l’écolier. « Il n’y a pas que l’apprentissage scolaire, il faut lui apprendre à se tenir, à écouter, l’encourager et le canaliser. » Et détecter les sources de perturbations, comme le bruit.
Chaque jour est différent : « Il faut s’adapter. Quand il progresse, c’est très gratifiant, confie-t-elle, émue d’entendre Lyam réussir sa lecture. On voit l’évolution que l’accompagnement permet. En maternelle, il ne voulait que jouer. Maintenant il est volontaire. Il veut travailler. » Il y a aussi les moments aigus où il faut trouver les mots, le réconfort : « On se remet en question. Il faut piocher au fond de nous. Ça pompe beaucoup d’énergie. »
D’un métier l’autre
Auparavant Isabelle était comptable. Licenciée économique, elle a choisi de se reconvertir, d’abord comme Atsem. « Je me suis aperçue que beaucoup d’enfants avaient besoin d’aide et d’attention. Cela a été une volonté de les accompagner. Ils ont le droit à leur chance. J’ai l’impression d’être utile. »
Pour devenir AESH, elle n’a suivi que quatre journées de formation, trop peu au regard des différents handicaps. La pause midi va bientôt sonner, Isabelle va revêtir sa casquette d’animatrice qui complète ses revenus, car son accompagnement 24h/semaine, durant le temps scolaire ne représente qu’un salaire à temps partiel.
À Chevilly-Larue, plus de 80 enfants sont reconnus en situation de handicap par la MDPH*. « Les AESH sont des éléments clés de leur inclusion scolaire », souligne Nora Lamraoui-Boudon, maire-adjointe chargée du projet éducatif local et de la lutte contre les discriminations. « Pourtant elles manquent de reconnaissance, de formation et de revenus. Elles n’ont souvent que leur bonne volonté. Je leur tire mon chapeau, je suis admirative de ces femmes. »
La commune souhaite à termes, recenser localement les AESH volontaires. Objectif ? Constituer un vivier de candidats qui sera proposé à l’académie de Créteil.
Kévin Gouttegata
* Maison départementale pour les personnes handicapées